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Ne plus se planter
B
Plante

Bambou

Un massif de bambous : malgré leur allure d’arbres, ce sont des graminées géantes (Poacées), de la famille du blé. (Photo Manuel Ferreira.)
Un massif de bambous : malgré leur allure d’arbres, ce sont des graminées géantes (Poacées), de la famille du blé. (Photo Manuel Ferreira.)

Ce que l’on croit souvent

Avec sa hauteur et ses tiges ligneuses, le bambou passe pour un arbre. C’est une herbe géante, de la famille des graminées, cousine du blé et du gazon.

La vraie définition botanique

Quarante mètres de haut pour les plus grands, des tiges dures qu’on scie, dont on fait des parquets, des échafaudages et des maisons. Le bambou a tout de l’arbre. Il n’en est pas un : c’est une herbe.

Les bambous sont des Poacées - la famille des graminées, celle du blé, du maïs, du riz et du gazon (voir Céréale). Leur tige porte le même nom que celle du blé : c’est un chaume, creux entre les nœuds, cloisonné à chaque nœud. Coupez un bambou en travers, coupez une paille de blé : c’est la même architecture, à l’échelle près.

Chaumes de bambou dressés à nœuds
Les chaumes du bambou : des tiges creuses à nœuds, exactement comme le blé ou le maïs, ses cousins. Un bambou est une herbe, pas un arbre. (Photo Manuel Ferreira.)

Ce qui lui manque pour être un arbre, c’est la capacité de grossir. Un arbre possède un cambium, une couche de cellules qui ajoute chaque année du bois vers l’intérieur, d’où les cernes et l’épaississement du tronc (voir Bois, Cerne). Le bambou n’en a pas. Un chaume sort de terre avec son diamètre définitif et ne l’augmentera jamais : un bambou de trois centimètres de large restera large de trois centimètres pendant toute sa vie. Il ne peut que s’élever.

Et il s’élève de façon spectaculaire. Chez certaines espèces, un chaume peut gagner près d’un mètre par jour en pleine pousse - une croissance visible à l’œil nu d’une heure sur l’autre, la plus rapide du monde végétal.

Le reste de la plante est souterrain : les bambous s’étendent par rhizomes, des tiges horizontales enterrées (voir Rhizome), ce qui explique à la fois leur réputation d’envahisseurs et le fait qu’une bambouseraie entière puisse n’être qu’un seul individu. Le panda, quant à lui, ne mange pas les feuilles d’un arbre : il broute de l’herbe.


Pour aller plus loin.

Comment gagner un mètre en un jour ? Pas en fabriquant des cellules au sommet, comme le fait un arbre : aucune plante ne produit de la matière à cette vitesse. Le bambou triche, et sa méthode est élégante.

Tout le chaume est préformé dans le bourgeon souterrain, le turion : tous les entre-nœuds y sont déjà présents, empilés, minuscules et complets. Au démarrage, chacun possède à sa base une petite zone de croissance qui s’allonge pour son propre compte, et tous s’allongent en même temps. La plante ne construit pas, elle déplie - comme une antenne télescopique dont tous les segments sortiraient à la fois. D’où la vitesse, et d’où l’absence totale de ramification pendant la montée : il n’y a rien à inventer en chemin.

Cela explique aussi qu’un chaume coupé ne repousse jamais par le haut, et qu’un bambou atteigne sa hauteur définitive en une seule saison, là où un arbre y met un siècle.

À ne pas confondre

  • Bambous traçantsPhyllostachys spp.

    Rhizomes envahissants

  • Bambous cespiteuxFargesia spp.

    En touffe, non traçants

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