Aller au contenu principal
Ne plus se planter
A
Plante

Avocat

Deux avocats mûrs (Persea americana) à la peau sombre et grenue (Photo Manuel Ferreira.)
Deux avocats mûrs (Persea americana) à la peau sombre et grenue (Photo Manuel Ferreira.)

Ce que l’on croit souvent

On classe souvent l’avocat parmi les légumes. Botaniquement, c’est un fruit - et même une baie, comme le raisin ou la tomate.

La vraie définition botanique

Fruit ou légume ?

L’avocat pousse sur l’avocatier (Persea americana) qui, comme son nom l’évoque, est un arbre originaire d’Amérique du Sud. Ses fleurs, contrairement à ce qu’on lit souvent, ne sont ni mâles ni femelles : elles sont hermaphrodites, mais fonctionnent d’une manière si particulière que nous y revenons plus bas.

Celui-ci fait partie de la famille des Lauraceae à laquelle appartiennent, par exemple, le laurier sauce (Laurus nobilis), les cannelles et les camphriers (genre Cinnamomum), les cèdres de Guyane (genres Licaria ou Ocotea ou Rhodostemonodaphne), le Bois de Rose (Aniba rosaeodora), etc.* Un certain nombre de ces plantes aromatiques fournissent des huiles essentielles remarquables.

L’avocatier n’est, à priori, pas connu comme une plante aromatique mais son fruit permet de produire une huile végétale, à partir de la pulpe de ce dernier, riche en acide oléique, un acide gras mono-insaturé présent également dans l’olive.

L’avocat est le fruit, et plus précisément, la baie de l’avocatier. Ce qui se trouve au centre, un peu lignifié et dur, est son unique pépin.. comme chez le raisin.. mais en plus gros. Ce pépin est la graine qui donnera le futur avocatier.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Avocat_(fruit)

Demi-avocat montrant la chair et le gros noyau unique
Coupé, l’avocat révèle sa nature : une baie à graine unique. La chair verte est le mésocarpe, et le gros « noyau » n’est pas un noyau de drupe mais la graine elle-même. (Photo Manuel Ferreira.)

Pour aller plus loin.

Commençons par la fleur, car elle est extraordinaire. L’avocatier n’a ni pieds mâles ni pieds femelles : chacune de ses fleurs est hermaphrodite, mais elle ne joue jamais les deux rôles en même temps. Elle s’ouvre une première fois, le matin ou l’après-midi selon la variété, uniquement femelle : le pistil est réceptif, les étamines restent closes. Elle se referme quelques heures. Puis elle rouvre le lendemain, à l’autre moment de la journée, cette fois uniquement mâle : les étamines libèrent leur pollen, le pistil n’est plus réceptif. Toutes les fleurs d’un même arbre sont synchronisées. Un avocatier ne peut donc pratiquement pas se féconder lui-même, et les vergers associent deux types de variétés dont les horaires sont inversés, pour que les mâles de l’une trouvent les femelles de l’autre.

Deuxième singularité : l’avocat ne mûrit jamais sur l’arbre. Tant qu’il reste attaché, quelque chose venu de la branche bloque sa maturation ; il peut ainsi patienter des mois, dur comme du bois, l’arbre servant de garde-manger. C’est la cueillette qui déclenche tout : privé de ce signal, le fruit se met à produire de l’éthylène, le gaz qui commande le mûrissement, et s’attendrit en quelques jours. D’où l’astuce du sac en papier avec une pomme ou une banane, qui en émettent aussi : on ne réchauffe pas l’avocat, on l’enfume.

Reste une énigme. Un fruit gras à grosse graine unique est fait pour être avalé entier par un animal qui ira déposer la graine ailleurs. Or aucun animal américain actuel n’en est capable. L’hypothèse la plus séduisante, avancée dans les années 1980, est que l’avocat est un anachronisme : ses disséminateurs étaient les grands mammifères d’Amérique - paresseux géants, gomphothères - disparus il y a une dizaine de milliers d’années. Le fruit leur aurait survécu sans public, et ne doit sa diffusion qu’à un remplaçant tardif et improbable : nous.

À voir aussi

Une erreur ou une précision à apporter ?

Aidez-nous à affiner cette fiche.

Signaler une erreur
Avocat | Ne plus se planter