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Ne plus se planter
A
Notion

Akène

Un gland de chêne (Quercus robur) : c’est un akène, un fruit sec indéhiscent à graine unique. (Photo Ivar Leidus, CC BY-SA 4.0.)
Un gland de chêne (Quercus robur) : c’est un akène, un fruit sec indéhiscent à graine unique. (Photo Ivar Leidus, CC BY-SA 4.0.)

Ce que l’on croit souvent

Le mot akène ne dit rien à personne, et pourtant c’est un fruit très commun : le gland, la noisette, le « pépin » du tournesol en sont - et même les petits grains à la surface de la fraise.

La vraie définition botanique

Un akène est un fruit sec indéhiscent dont la graine n’adhère pas à la paroi du fruit.

Akène ? Fruit sec ? Indéhiscent ? Paroi du fruit ? Que de termes ! Que me dîtes-vous là ? Un langage de spécialiste ? D’intello ?

Et si je parlais à une plante d’un bras, d’une jambe ? Peut-être me prendrait-elle pour un fou ? Un intello ?

Un akène est un fruit particulier.  Mais, peut-être, qu’un fruit n’est pas exactement ce que la langue courante nomme par ce terme ?

Un peu de patience, celui-ci sera précisé à la lettre F.

De même qu’un fruit sec n’est pas un fruit que l’on a fait sécher. Il se distingue de ce que l’on appelle un fruit charnu.

Mais alors, donnez-moi des exemples !

Beaucoup d’arbres de nos contrées, par exemple de la famille des Fagaceae, comme le Hêtre, le Chêne, le châtaignier, ou dans d’autres familles, comme, par exemple le noisetier de la famille des Betulaceae, portent des akènes.

Cela implique, donc, que le gland du chêne est un akène et que la châtaigne comme la noisette que l’on mange sont également des akènes. Les trois sont, bien sûr, des fruits...

Je sens que là, cela commence à chauffer... Pour les marrons, nous attendrons : chaque chose en son temps.

Mais il existe aussi de nombreuses Herbacées (plantes qui ne sont pas des arbres) qui portent des akènes. Parmi les Astéracées, nous avons, entre autres, le pissenlit, la chicorée, l’artichaut, le tournesol, etc.

Nous allons également les retrouver dans la famille du thym, du romarin, de la lavande, de la sauge, du basilic, etc., soit les Lamiaceae.

Nous pourrions continuer longtemps ainsi, mais il serait triste de quitter ce chapitre sur les akènes sans parler de la famille des Rosacées. Oui, vous savez ? Cette grande famille où l’on retrouve des plantes comme les Rosiers, les Eglantiers, les arbres fruitiers, mais aussi le fraisier (Fragaria vesca)...

Ah non ! Là, c’en est trop ! La fraise est un fruit charnu ! Elle est même bien juteuse et bien rouge ! S’il n’y avait pas ces maudits grains qui nous restent dans les dents, ce serait un fruit parfait !

Euh.. Excusez-moi.. Ces petits grains.. ce sont.. Si..

Des akènes, à l’intérieur desquels se trouve la graine. Chaque "petite chose qui nous rentre dans les dents", lorsque l’on mange une fraise est un fruit sec indéhiscent.  Un akène quoi ! 

Ce qui est charnu n’est pas, dans ce cas, le fruit mais ce qui portait la fleur. Le fruit du langage courant n’est donc pas le fruit dans la réalité de la plante ? A suivre...

Châtaignes au sol près de leur bogue épineuse
La châtaigne est un akène, comme le gland et la noisette : un fruit sec qui ne s’ouvre pas, renfermant une seule graine. (Photo Manuel Ferreira.)
Aigrette de pissenlit, chaque akène surmonté de son parachute de soies
Chez les Astéracées, chaque « graine » du pissenlit est en fait un akène, coiffé d’une aigrette de soies qui lui sert de parachute. (Photo Avenue, CC BY-SA 4.0.)
Gros plan d’une fraise des bois montrant ses petits akènes en surface
Et la surprise : les « petits grains » à la surface de la fraise sont les vrais fruits (des akènes). La partie charnue et rouge, elle, n’est que le réceptacle de la fleur. (Photo Philip Jägenstedt, domaine public.)

Pour aller plus loin.

Une nuance s’impose, car elle est au cœur de la définition. Le grain de blé n’est pas un akène : c’est un caryopse. Un akène se définit par le fait que la graine est libre à l’intérieur du fruit : décortiquez une noisette ou un gland, la graine se détache de sa coque. Chez les graminées, au contraire, l’enveloppe de la graine est soudée à la paroi du fruit, si intimement qu’aucun outil ne les sépare : ce fruit-là porte son propre nom, le caryopse (voir Céréale). C’est cette soudure qui explique qu’on ne « décortique » jamais un grain de blé : on ne peut que le moudre. Certains ouvrages présentent le caryopse comme un akène particulier, mais la distinction est réelle et elle a un nom.

Reste la fraise, et une expérience qui vaut d’être connue. Puisque les vrais fruits sont les akènes de la surface, à quoi sert la chair ? On a tenté de le savoir en retirant, sur de très jeunes fraises, tous les akènes : le réceptacle a cessé de grossir et s’est desséché. En les retirant tous sauf quelques-uns, la chair n’a gonflé qu’en face des akènes conservés, donnant des fraises difformes et bosselées. Et en badigeonnant une fraise entièrement épépinée d’une hormone végétale, l’auxine, on a obtenu une fraise normale, charnue et rouge, sans un seul fruit dessus. Autrement dit, ce sont les akènes qui commandent : chacun envoie un signal chimique qui fait gonfler la portion de réceptacle située sous lui. La partie que nous mangeons n’est pas seulement portée par les fruits, elle est fabriquée sur leur ordre.

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