Astéracées

Ce que l’on croit souvent
Ce qu’on prend pour « une fleur » de pissenlit, de marguerite ou de tournesol est en réalité un bouquet de dizaines, voire de centaines de minuscules fleurs.
La vraie définition botanique
Voici une famille de plantes à fleurs que l’on ne retrouve pas dans le Petit Robert de 2013 sous ce nom. Ce dernier y est absent. C’est sous son synonyme, ancien terme, que s’y retrouve cette famille riche de plus de 20000 espèces : les Composées.
C’est le genre Aster qui a donné son nom à cette grande famille, considérée, dans l’évolution du Règne végétal, comme la plus évoluée.
Pourquoi parler de cette famille de plantes ? Qu’a-t-elle de particulier ? D’étrange ?
On retrouve dans cette famille des espèces aussi variées que le Pissenlit ou la Chicorée, l’Artichaut ou la Marguerite, le Tournesol ou la Camomille allemande, la Marguerite ou l’Edelweiss, etc.
Peut-être, vous souvenez-vous de ces images où l’on voit deux amants se déclarer leur amour et où l’une des personnes, une marguerite à la main, arrache ce qu’elle croit être uniquement un pétale tout en disant "Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément,." ?
Parmi les particularités trompeuses de la famille des Astéracées nous trouvons les inflorescences ou capitules des différentes espèces que la langue courante prend pour une seule fleur chez le pissenlit, l’artichaut (il a une fleur lui ?) ou par exemple la marguerite.
Prenons le pissenlit, Taraxacum officinale, ayant à l’extrémité de sa "tige" ou pédoncule, non pas une mais des dizaines de petites fleurs ou fleurons ligulés. Chaque fleuron est constitué de 5 pétales plats jaunes, soudés entre eux, avec à l’extrémité la plus proche de la plante, l’appareil reproducteur, étamines (androcée) et pistil ou gynécée.
L’artichaut, lui, possède, visibles à l’extrémité des bractées comestibles, des fleurons tubulés violets. Chaque fleuron possède 5 pétales soudés entre eux en forme de tube et sur lesquels sont soudés, par leurs filets, les étamines. Entre les sacs polliniques passe le style et les stigmates du gynécée. Il y a donc, là également, plusieurs fleurs et non une seule.
Et la marguerite, ou le tournesol, ou les asters ou.... Nous avons là affaire à une inflorescence radiée, constituée au centre de fleurons tubulés et, tout autour nous retrouvons des fleurons ligulés.
Il n’y a donc pas une mais des dizaines de fleurs à l’extrémité de chaque pédoncule.
La plante arrive à tromper son monde et à faire croire à d’autres "visiteurs", par les couleurs, les odeurs, les formes, etc. à des histoires invraisemblables.
Ce qui peut ressembler à, n’est pas toujours ce que l’on croit.


Pour aller plus loin.
Comment cette famille est-elle devenue la plus riche du monde végétal, avec plus de vingt mille espèces ? Par deux inventions, aux deux bouts de la vie de la plante.
À la floraison, le capitule transforme l’économie de la pollinisation. Une abeille qui se pose sur une marguerite ne visite pas une fleur : elle en parcourt des dizaines sans redécoller, à pied, en quelques secondes. Le coût de l’attraction - les grands pétales, le parfum, le signal visible de loin - est mutualisé entre toutes les fleurs du groupe, alors qu’il faudrait le payer une fois par fleur ailleurs. À la fructification, l’akène à aigrette prend le relais : chaque fleuron donne un fruit sec surmonté d’un parachute de soies, qui n’est rien d’autre que le calice transformé (voir Akène). Le pissenlit n’a pas de meilleure arme que celle-là pour occuper un terrain vague avant tout le monde.
La famille a une troisième signature, chimique celle-là, et plus discrète. Là où l’immense majorité des plantes met en réserve de l’amidon, les Astéracées stockent volontiers de l’inuline - un autre assemblage de sucres, à base de fructose. On la trouve dans la racine de chicorée (voir Chicorée), dans le topinambour, dans l’artichaut, dans le tubercule du dahlia. Et c’est une bonne occasion de rappeler que « sucre » ne veut pas dire « sucré » : l’inuline est un glucide, et elle n’a presque aucun goût sucré, pas plus que l’amidon d’une pomme de terre (voir Fruit). Elle a en revanche une propriété que les mangeurs de topinambours connaissent bien : nous ne savons pas la digérer, et ce sont nos bactéries intestinales qui s’en chargent, avec les conséquences sonores que l’on sait.
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