Coton

Ce que l’on croit souvent
Le coton, c’est une fibre végétale, comme le lin ou le chanvre.
La vraie définition botanique
Le coton, on croit savoir : une fibre végétale, rangée dans la même case que le lin et le chanvre. Des plantes qu’on cultive, qu’on rouit, et dont on tire de longs filaments pour en faire du fil.
Le coton n’est rien de tout cela.
Le lin et le chanvre donnent des fibres de tige : on les extrait de l’écorce interne, à grand-peine (voir Chanvre). Le coton, lui, ne vient pas de la tige. Il vient de la graine.
Dès la fécondation de la fleur, chaque graine du cotonnier se couvre de longs poils soyeux. Et ce sont eux, le coton. Un poil de graine, rien d’autre.

Et il y a plus étonnant encore : chacun de ces poils est une seule cellule. Pas un faisceau, pas un assemblage de fibrilles - une cellule unique, étirée en un tube de 30 à 40 millimètres. C’est l’une des plus longues cellules du monde vivant, et un tee-shirt en contient des milliards.
Quant au flocon blanc, ce n’est pas une fleur.
Cette boule cotonneuse au bout d’une branche, qu’on voit sur toutes les images, n’est ni une fleur ni de la ouate poussant sur l’arbuste. C’est un fruit, et un fruit ouvert. Le cotonnier produit une capsule qui, en séchant, se fend en quatre ou cinq valves. Ce sont ces valves brunes, écartées comme les pétales d’une fleur morte, qui font l’illusion. Ce qui déborde entre elles, c’est le contenu : des graines, et leurs poils (voir Capsule).
Bref, quand on file du coton, on ne file pas une plante : on file la chevelure de ses graines.
Pour aller plus loin.
Le cotonnier (Gossypium) appartient aux Malvacées. C’est donc un cousin de la mauve, de la rose trémière, de l’hibiscus et du gombo - et sa fleur, large et froissée, ne trompe pas. La classification moderne a même élargi la famille : le cacaoyer et le tilleul y sont entrés. Le chocolat et la tisane du soir sont, de loin, des parents du tee-shirt.
La graine porte en réalité deux sortes de poils. Les longs se détachent au moment de l’égrenage : c’est le coton textile. Les courts, eux, restent soudés à la graine ; on les appelle les linters, et ils partent ailleurs - papier, cellulose industrielle. Une même graine, deux récoltes. Et ce n’est pas fini : pressée, cette graine donne encore de l’huile, et le tourteau nourrit le bétail.
Enfin, un paradoxe de vocabulaire. La fibre est de la cellulose presque pure, à plus de 90 % - mais elle est enveloppée de cires naturelles qui la rendent… hydrophobe. Le coton brut repousse l’eau. Pour obtenir le « coton hydrophile » de la pharmacie, il faut le débarrasser de ces cires dans un bain alcalin bouillant. Autrement dit, le coton n’est pas hydrophile : on le rend tel (voir Chimie).
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