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Coco

Noix de coco ouverte en deux : la coque brune (endocarpe) et la chair blanche (l’albumen de la graine). Botaniquement, la coco n’est pas une noix mais une drupe. (Photo Filo gèn’, CC BY-SA 4.0.)
Noix de coco ouverte en deux : la coque brune (endocarpe) et la chair blanche (l’albumen de la graine). Botaniquement, la coco n’est pas une noix mais une drupe. (Photo Filo gèn’, CC BY-SA 4.0.)

Ce que l’on croit souvent

La noix de coco, c’est une noix - un gros fruit sec exotique.

La vraie définition botanique

La noix de coco : un gros fruit dur, poilu, exotique - une « noix », comme son nom l’indique. Sur les deux points, le nom se trompe.

La noix de coco n’est pas une noix.

C’est une drupe - la même catégorie que la pêche, la cerise, l’olive ou la mangue. Une drupe, c’est un fruit à trois couches : une peau (exocarpe), une partie charnue ou fibreuse (mésocarpe), et un noyau dur (endocarpe) qui protège la graine. Chez la coco, le mésocarpe est cette épaisse bourre fibreuse dont on fait cordages, paillassons et « fibre de coco » ; le noyau, c’est la fameuse coque. Ce qu’on trouve au supermarché n’est donc que le noyau débarrassé de sa bourre - comme si, de la pêche, on ne vendait que le gros noyau. (Et « noix » ? Un fourre-tout : ni la coco, ni la « noix » de cajou, ni celle de muscade ne sont de vraies noix - voir Noix.)

Schéma en coupe d’une noix de coco montrant exocarpe, mésocarpe, endocarpe, testa, chair et eau
Les couches d’une noix de coco : exocarpe (la peau), mésocarpe (la bourre fibreuse), endocarpe (la coque), puis la graine - son tégument (testa), la chair (meat) et l’eau (water). La structure même d’une drupe. (Schéma Kerina yin, CC BY-SA 3.0.)

Et la chair blanche ? Et l’eau ?

Deux visages d’une même chose : la graine. L’« eau de coco » est l’albumen liquide (la réserve nourricière, d’abord liquide) ; en mûrissant, elle se dépose sur les parois en albumen solide - la chair blanche. On mange donc, littéralement, le garde-manger de la future plante. (Le lait de coco, lui, n’existe pas dans le fruit : c’est de la chair râpée, pressée avec de l’eau.)

Pourquoi « coco » ?

À cause d’un visage. La coque porte, à un bout, trois « yeux » - les pores par où germe le palmier (un seul est fonctionnel, les deux autres bouchés). Aux marins portugais du XVIᵉ siècle, cette figure à trois trous a rappelé le « Coco », un croque-mitaine grimaçant de leur folklore. Le fruit a gardé le nom du monstre ; « noix » n’a été ajouté qu’ensuite.


Pour aller plus loin.

Méfiance devant les autres « cocos ». Le coco de mer (Lodoicea maldivica, le « coco-fesses » des Seychelles) est un tout autre palmier, qui porte la plus grosse graine du monde - jusqu’à une trentaine de kilos. Rien à voir avec le cocotier. Quant au haricot coco, c’est une légumineuse ; et « un coco », en langage enfantin, un œuf. « Coco » aussi, à sa façon, est un mot fourre-tout.

Palmier coco de mer (Lodoicea maldivica) chargé de ses grosses graines doubles, aux Seychelles
Le coco de mer (Lodoicea maldivica) sur son palmier, aux Seychelles : un tout autre arbre, qui porte la plus grosse graine du monde (jusqu’à ~30 kg). Encore une « coco » qui n’en est pas une. (Photo Gerard Larose, CC BY 4.0.)

Détail botanique : le cocotier est un Cocos nucifera, un palmier (Arécacées). Sa drupe flotte et résiste des mois à l’eau de mer - c’est ainsi, portée par les courants, que la coco a colonisé les rivages tropicaux du monde entier.

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