Citronnelle

Ce que l’on croit souvent
La citronnelle, c’est cette plante à l’odeur de citron - celle des bougies anti-moustiques et des tisanes.
La vraie définition botanique
« Citronnelle » : un mot, une odeur de citron, l’idée d’une plante - celle qu’on brûle contre les moustiques, ou qu’on met en tisane. Sauf qu’il n’y a pas une citronnelle, mais une petite foule de plantes qui n’ont rien à voir entre elles.
Encore un nom fourre-tout.
Comme le chardon, le chiendent, le chanvre ou la ciguë, « citronnelle » ratisse large : il coiffe des plantes de familles totalement différentes, réunies par une seule chose, l’odeur de citron. Rien de botanique là-dedans - un parfum commun.
La vraie citronnelle est une herbe.
Les « vraies » citronnelles sont des Cymbopogon, des graminées (Poacées) - la famille du blé et du bambou. La citronnelle de cuisine (Cymbopogon citratus, le « lemongrass » thaï, dont on utilise la base de tige) et la citronnelle anti-moustique (C. nardus, C. winterianus), d’où l’on tire l’huile de citronnelle. Oui : la citronnelle, c’est de l’herbe.
Et les « fausses » ?
Sous le même nom, on range des plantes ni graminées, ni parentes entre elles : la mélisse (Melissa officinalis, une Lamiacée, cousine de la menthe), souvent appelée « citronnelle » ; et la verveine citronnée (Aloysia citriodora, une Verbénacée). Trois familles, un seul surnom.


Qu’est-ce qui les relie, alors ? Une molécule, pas une parenté.
Ce parfum de citron ne signe aucun cousinage : c’est une même molécule (ou presque), le citral, réinventée par des plantes étrangères les unes aux autres (voir Chimie) - le citral qui parfume aussi le zeste du vrai citron. La citronnelle anti-moustique, elle, doit surtout son odeur au citronellal, la molécule qui a donné son nom à la « citronnelle ». Même odeur, chimies voisines, plantes sans lien : la citronnelle est un parfum, pas une espèce.
Pour aller plus loin.
Ce « citron » tient à deux aldéhydes très proches. Le citral (un mélange de géranial et de néral) domine la citronnelle de cuisine, la mélisse et la verveine. Le citronellal (avec le citronellol et le géraniol) domine la citronnelle anti-moustique (Cymbopogon nardus, winterianus). D’où deux usages pour un même nom : la note fraîche et citronnée d’un côté, le répulsif de l’autre.
Méfiance, enfin, devant le « géranium anti-moustique » (un pélargonium dit « citrosa ») : son parfum citronné est bien réel, mais son efficacité répulsive, elle, n’a jamais été démontrée - encore une citronnelle en trompe-l’œil.
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