Aller au contenu principal
Ne plus se planter
C
Notion

Cannelle

Bâtons de cannelle (des tuyaux d’écorce enroulée) : la cannelle n’est ni une brindille ni une racine, mais l’écorce interne du cannelier, séchée et roulée. (Photo trophygeek, CC BY 2.0.)
Bâtons de cannelle (des tuyaux d’écorce enroulée) : la cannelle n’est ni une brindille ni une racine, mais l’écorce interne du cannelier, séchée et roulée. (Photo trophygeek, CC BY 2.0.)

Ce que l’on croit souvent

La cannelle, c’est un petit bâton - une brindille, ou peut-être une racine.

La vraie définition botanique

La cannelle : un petit bâton brun et parfumé qu’on plonge dans le vin chaud ou le riz au lait. Une brindille, une racine, un morceau de bois ? Rien de tout cela.

La cannelle, c’est de l’écorce.

Exactement l’écorce interne d’un arbre, le cannelier (genre Cinnamomum, famille des Lauracées - celle du laurier-sauce, de l’avocatier et du camphrier). On coupe de jeunes rameaux, on détache l’écorce, on gratte la couche externe ; et l’écorce interne, en séchant, s’enroule d’elle-même en tuyau. C’est le fameux « bâton ». Le mot le dit : « cannelle » vient de canne, le petit tube. Un bâton de cannelle, c’est de la peau d’arbre roulée.

Aux Seychelles, une fabricante de cannelle tient un panier de bâtons roulés et de morceaux d’écorce grattée
Aux Seychelles, une fabricante de cannelle : dans son panier, des bâtons roulés et des morceaux d’écorce grattée. Car la cannelle n’est rien d’autre que l’écorce du cannelier. (Photo Dino Sassi / Marcel Fayon, domaine public.)

Et toutes les cannelles ne se valent pas.

Sous ce seul nom se cachent deux produits distincts. La vraie cannelle, dite de Ceylan (Cinnamomum verum) : des tuyaux clairs, faits de fines couches fragiles enroulées comme un cigare, au goût doux et subtil. Et la cassia, ou cannelle de Chine (Cinnamomum cassia) : plus foncée, une seule couche épaisse et dure, au goût plus puissant. C’est la cassia, moins chère, qu’on trouve le plus souvent - surtout en poudre. Deux espèces, un seul mot sur l’étiquette.

Deux bâtons de cannelle comparés : à gauche le Ceylan à fines couches, à droite la cassia à couche unique épaisse
À gauche, la vraie cannelle de Ceylan (Cinnamomum verum), faite de fines couches enroulées comme un cigare ; à droite, une cassia (ici Cinnamomum burmanni, d’Indonésie), une seule couche épaisse et dure. Deux « cannelles » bien différentes. (Photo Antti Vähä-Sipilä, CC BY-SA 1.0.)

Bref, la cannelle n’est ni une brindille ni une racine : c’est l’écorce d’un arbre - et, selon l’espèce, deux épices assez différentes.


Pour aller plus loin.

La différence Ceylan / cassia n’est pas qu’une affaire de goût. La cassia est bien plus riche en coumarine, une molécule qui, à forte dose et de façon prolongée, peut fatiguer le foie ; la vraie cannelle de Ceylan, elle, n’en contient que des traces (jusqu’à quelque 250 fois moins). Rien d’inquiétant pour un usage normal, mais de quoi préférer le Ceylan quand on en consomme beaucoup. Quant au parfum lui-même, il tient surtout à une autre molécule, le cinnamaldéhyde (voir Chimie).

Dernière parenté : le cannelier étant une Lauracée, la cannelle est une cousine du laurier-sauce (voir Laurier) - et une camarade du clou de girofle dans le club des épices qui ne sont pas ce que leur allure laisse croire (une écorce, une fleur… voir Clou de girofle).

À voir aussi

Une erreur ou une précision à apporter ?

Aidez-nous à affiner cette fiche.

Signaler une erreur
Cannelle | Ne plus se planter