Sapin

Ce que l’on croit souvent
Le sapin de Noël est un sapin, et tous les conifères pointus sont des sapins.
La vraie définition botanique
« Sapin » est, dans le langage courant, le nom générique de tout conifère un peu sombre et un peu pointu. Il absorbe l’épicéa, le pin, le mélèze, le douglas, parfois même le cyprès et le thuya. Et il commence par se tromper sur l’arbre qui porte son nom une fois par an.
Le sapin de Noël traditionnel n’est pas un sapin : c’est un épicéa. C’est lui, Picea abies, que l’on vendait autrefois et qui perdait ses aiguilles au milieu du salon. Il a été largement remplacé par le sapin de Nordmann (Abies nordmanniana), qui, lui, est un vrai sapin - et qui garde ses aiguilles, ce qui explique tout son succès.
Les distinguer est facile, et trois caractères suffisent.
Les aiguilles. Celles du sapin (genre Abies) sont plates, souples, non piquantes, rangées en peigne de part et d’autre du rameau, et portent deux bandes blanchâtres sur leur face inférieure. Celles de l’épicéa (genre Picea) sont à peu près carrées en section, piquantes, et disposées tout autour du rameau, qui semble une brosse.
La cicatrice. Détachez une aiguille. Chez le sapin, elle se retire comme une ventouse et laisse une cicatrice ronde et lisse. Chez l’épicéa, elle emporte un minuscule pédicelle et laisse une aspérité : un rameau d’épicéa dégarni est râpeux sous le doigt, un rameau de sapin reste lisse.
Les cônes. C’est le caractère le plus spectaculaire. Ceux du sapin sont dressés vers le ciel, posés sur les rameaux comme des bougies. Ceux de l’épicéa pendent vers le bas. Et surtout : un cône de sapin ne tombe jamais entier. À maturité, il se désarticule sur l’arbre, écaille après écaille, et il n’en reste qu’un axe nu dressé sur la branche, comme une chandelle éteinte. D’où une règle de terrain qui ne trompe pas : un cône entier ramassé au sol n’est jamais un cône de sapin.

Restent les autres, que le mot avale également. Le pin porte ses aiguilles groupées en faisceaux de deux, trois ou cinq, jamais isolées. Le mélèze, seul conifère de nos montagnes à le faire, perd toutes ses aiguilles en hiver. Le cèdre les porte en rosettes serrées (voir Cèdre). Le thuya et le cyprès n’ont pas d’aiguilles du tout, mais des écailles plaquées sur le rameau.

Pour aller plus loin.
Un mot sur ce que l’on ramasse sous ces arbres, car là aussi le vocabulaire égare. La « pomme de pin » n’est pas une pomme, et le cône n’est pas un fruit. Les conifères sont des gymnospermes : littéralement, des plantes à graines nues. Ils n’ont pas de fleur au sens ordinaire, donc pas d’ovaire, donc rien qui puisse devenir un fruit (voir Fruit). Leurs graines sont simplement posées à l’air libre sur des écailles, deux par écaille, et le cône n’est que l’assemblage de ces écailles autour d’un axe. Quand il s’ouvre par temps sec, il libère des graines qui n’ont jamais été enfermées dans quoi que ce soit.
Ce qui donne son sens à un cas amusant, celui du genévrier. Ce que l’on appelle la « baie » de genièvre, qui parfume la choucroute et le gin, n’est pas une baie : c’est un cône dont les écailles, au lieu de se lignifier et de s’écarter, sont devenues charnues et se sont soudées. Un cône déguisé en fruit (voir Baie).

À ne pas confondre
- Sapin de NordmannAbies nordmanniana
Aiguilles douces, ne pique pas
- Épicéa communPicea abies
Le sapin de Noël classique, qui pique
À voir aussi
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